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 Vincent Delerm

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MessageSujet: Vincent Delerm   Mar 20 Déc 2005 - 20:33

Vincent Delerm



Dans la lignée un peu bancale de son père écrivain qui s'attache à la description minutieuse et drôle des petits plaisirs quotidiens, Vincent chante les drames familiers de l'existence. Il se situe lui-même dans la lignée d'une tradition qui évolue avec le temps, celle de la chanson à textes estampillée "rive gauche". Sa devise ? Trouver la légèreté en chaque chose.

Le déterminisme familial

"Je regarde grandir Vincent. Il vient d'avoir huit ans. Je sais un peu ce qu'il devient dans la tendresse, quand il nous dit: "Plus tard, je serai facteur. Comme ça, je vous verrai tous les matins! Et puis il éclate en sanglots."" Ainsi débute la chronique de Philippe Delerm, dans Le Bonheur, Tableaux et Bavardages, un recueil publié en 1986 avant le succès que l'on connaît.

Fils unique de Philippe Delerm, auteur de La Première Gorgée de Bière qui a séduit, en trois ans, près d'un million de lecteurs, Vincent Delerm naît à Rouen le 31 août 1976. Dans une famille de professeurs de Lettres où la culture des activités parallèles est de rigueur. En effet, ses parents occupent tous deux un second métier. Philippe, son père est aussi écrivain et Martine, sa mère, navigue entre ses talents d'illustratrice et d'auteur de romans policiers pour enfant.

Très jeune Vincent voit beaucoup de spectacles et découvre l'extase de la scène: Jean-Michel Caradec, Yves Duteil, Philippe Chatel, la tournée d'adieux des Frères Jacques. La musique est pour son père la culture première, au moins autant que la littérature. Un de ses albums préférés est sans doute l'album d'Alain Souchon Toto, 30 ans, rien que du malheur. Il grandit aussi en compagnie de Barbara et de Gilbert Laffaille, puis à 10 ans, à l'écoute de Souchon et de Françoise Hardy, il se dit que plus tard une fois grand, il sera amoureux et triste. Bizarre, mais le projet d'être amoureux et déçu lui plait.

En 1993, le lycéen crache ses 17 ans avec une bande de copains dans un groupe de coldwave -Triste Sire- tendance Cure et Joy Division. Pendant qu'il écrit à la maison des chansons très Rive Gauche composant des piano-voix plutôt fleur bleue. Mais c'est par admiration pour Michel Berger et William Sheller qu'il se décide à étudier le piano. En autodidacte, pour s'accompagner. Ce grand écart durera jusqu'en 1997. Vincent commence alors ses études de Lettres Modernes à l'université de Rouen, se voyant prof pendant une dizaine d'années, tout en chantant. Des études qui se révéleront fondatrices : il se lance dans le théâtre, participe activement à une troupe et se prend de passion pour le cinéma, en particulier celui de François Truffaut, auquel il consacrera en 1999 son mémoie de maîtrise "François Truffaut, cinéaste écrivain". Sans pour autant quitter son piano avec lequel il met peu à peu sa vie en musique. Son enfance, surtout, dont la subtile nostalgie imprègne la plupart de ses textes.

Les planches côté orchestre

Malgré son attirance pour la scène, il demeure insatisfait de ses performances dramaturgiques et théâtrales. Le pianiste autodidacte préfère alors se tourner définitivement vers la chanson. Pourquoi? Parce qu'elle se trouve justement à la croisée des chemins du cinéma, de l'écriture et de la scène. Une belle solution. Des débuts timides et c'est la panique qui le prend quand il s'aperçoit que les maisons de disque ne se bousculent pas pour lui manifester leur soutien..

Sa première scène, c'est en 1998, à la salle Ronsard de Rouen, qu'il la foulera avec sa veste de chanteur solo. Mais les choses sérieuses débutent en 1999 après avoir composé quatre des titres qui figurent aujourd'hui, dans son premier album. Ses influences? Pas mal d'écrivains britanniques ou les textes de chansons anglaises des Smith ou de Pulp. Il aime une écriture sociale, dans le sens des rapports entre les gens. La tournée des petits lieux parisiens peut alors commencer: le Limonaire, le théâtre des Déchargeurs.

Quand il arrive à Paris en 2000, il aime beaucoup se balader dans la rue Robert-Estienne dans le 8ème arrondissement où François Truffaut qu'il vénère, avait ses studios, ses petites habitudes, sa boulangerie. Bien sur, il connaît un peu la capitale quand jusqu'à ses dix ans, il rend visite à sa grand-mère, square Carpeaux, mais Paris reste pour lui une fascination. Le chanteur affectionne le Saint-Michel des éditeurs, cette gentille nostalgie des cinémas d'art et d'essai de la rue Champollion, ces parties de flâneries chez les bouquinistes des quais mais aussi les grands cafés parisiens, pas les bons plans conseillés dans les guides mais ceux avec croque-madame et calcaire sur la carafe. Aussi beaucoup les souvenirs empruntés à des films: Tati, puis Truffaut évidemment, et les Lino Ventura des années 70 ou encore les comédies de Philippe de Broca.

Les rencontres opportunes

Il continue donc ses classes dans les cabarets du Marais, devant des publics restreints. Un soir, l'écrivain Daniel Pennac, Vincent Frèrebeau, patron du label Tôt ou Tard, ainsi que Thomas Fersen, seront dans la salle. Mais avant tout, la grande chance de Vincent c'est la rencontre en 2000, avec François Morel, comédien chez les Deschiens, la troupe de Jérôme Deschamps. Quand celui-ci reçoit la démo, tombé sous le charme il la fait circuler notamment dans les couloirs de la radio France Inter et dans ses tournées où il la donne aux programmateurs des salles que la troupe investie. C'est grâce à lui s'il passe dans la grande émission phare de France Inter, Sur le Pont des Artistes. Le samedi 19 février 2000, entre Thomas Fersen et les tziganes des Yeux Noirs, il est le petit nouveau sur les ondes. Seul au piano le temps de deux chansons, Vincent Delerm, 23 ans, s'y fait un prénom. Avec une cinquantaine de chansons en poche, il n'a pas encore enregistré d'album et squatte le théâtre des Déchargeurs une fois par semaine les hivers 2000 et 2001 où il partage l'affiche avec Matthieu Vermeulen. Il y fait la rencontre de Thomas Fersen. Celui-ci, emballé, lui propose la première partie de ses concerts en juin 2001 à la Cigale puis le fait rentrer chez Tôt ou Tard, sa maison de disques. Un peu après, c'est lui que l'on retrouve dans cette même salle, son nom en tête d'affiche.

Fin avril 2002, sort son premier disque. Chez Tôt ou Tard, l'écurie des Têtes Raides, de Thomas Fersen et de Matthieu Boogaerts. Sur le disque, il s'est notamment entouré du virtuose Cyrille Wambergue, pianiste de Thomas Fersen, du même arrangeur, Joseph Racaille, mais aussi d'Yves Torchnisky à la contrebasse. Il y garde le goût de certaines orchestrations, un peu baroque d'Angelo Branduardi qu'il affectionnait étant jeune. De Fanny Ardant à Jean-Louis Trintignant - dont il emprunte pour le CD un extrait de dialogue de Un homme et une femme de Claude Lelouch - à qui il rend hommage en passant par Irène Jacob qu'il fait chanter sur Cosmopolitain, le septième art est un fil rouge dans son travail.

En deux mois et demi, l'album s'écoule à 50.000 exemplaires sans autre promotion qu'un passage régulier sur France Inter et quatre semaines à l'Européen. Puis on le regarde continuer sérieusement sa progression : 80.000, 90.000 jusqu'au cap des 100 000 disques écoulés. Bien au-delà des 10.000 qu'il s'était fixé au début. Après la première partie de Julien Clerc, les Francofolies en juillet 2002 entre autres, au passage de cap du disque d'or, la tournée se rallonge démesurément : soixante-dix villes prévues jusqu'au printemps 2003, pour 80 dates et cinq concerts en clôture au Bataclan à Paris du 20 au 24 mai.

Le 15 février 2003, Vincent Delerm reçoit la Victoire de la Musique de l'Album Révélation.

Finalement, son parcours ressemble à la mythologie qu'il s'était faite de la chanson. Comme les grands, le chant commence à la maison, se poursuit dans des petites salles à Rouen, puis à Paris, et d'autres plus grandes.

Promenade anglaise

Avril 2004: le nouvel album, "Kensington Square", creuse le même sillon que "Vincent Delerm", celui de l'élégance mélancolique. Le chanteur a invité quelques amis: Irène Jacob sur "Deutsch Gramophon", Keren Ann et Dominique A chantent avec lui sur "Veruca Salt et Frank Black". Un pied dans le présent, un pied dans le passé, Vincent Delerm continue sa route sans esbrouffe.


Opus :

- Vincent Delerm
- Kesington square

Site officiel : http://www.vincentdelerm.com/

_________________
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